(1 septembre 1939 – 8 mai 1945)
Durant les deux guerres, l'autorité tant civile que militaire des pays belligérants a exercé un contrôle des correspondances. Bien que n'étant pas à proprement parler des marques apposées par les services postaux, les marques de censure apparaissent sur de nombreux plis. Les correspondances étaient non seulement censurées au Congo belge mais également par les autorités anglaises, françaises, voire allemandes lorsqu'elles étaient destinées à l'étranger.
Censure belge
La Belgique n'est entrée en guerre avec l'Allemagne que le 10 mai 1940. Après 18 jours l'armée capitulait et le Gouvernement se dispersait. C'était au Gouverneur Général qu'il revenait de décider de quel côté la Colonie se rangerait. Il instaure la censure au Congo dès le 17 mai 1940 par son ordonnance 75/P.T (modifiée par l'ordonnance 102/P.T. du 6 mars 1941). Les arrêtés d’exécution devaient être pris par les gouverneurs des provinces. On ne trouve pas trace, dans les publications administratives, d’un arrêté d’exécution concernant la censure des correspondances des personnes européennes et asiatiques pour les provinces de Lusambo et d’Élisabethville ainsi que pour le Ruanda-Urundi.
Bien que la guerre soit terminée depuis le 8 mai 1945, ce n'est qu'en date du 9 janvier 1946 que la censure est officiellement supprimée.
La censure a été appliquée avec souplesse.
Beaucoup de plis portent seulement la griffe « Censure Congo belge »
sans avoir été ouverts. Dans les petits bureaux de censure, où tous les Européens
se connaissent, l’adresse de l’expéditeur a souvent convaincu le censeur
que tout contrôle est superflu. Il en a été de même pour le courrier des
grosses sociétés.
Eu
égard à la souplesse de la censure au Congo, dont les Alliés étaient
parfaitement conscients, le courrier était presque toujours censuré par les
Britanniques en Grande-Bretagne ou dans une de leurs colonies.
La censure s'appliquait tant au courrier intérieur qu'au courrier vers l'étranger.

Lettre échangée entre indigènes en service intérieur : expédiée le 26 février 1942 cette lettre est censurée le lendemain et parvient à Gumba-Mobeka le 4 mars.
Les
marques de censure sont essentiellement de deux types :
bandes
de censure imprimées

griffes linéaires
générales de différentes longueurs :

spécifiques au bureau :
Albertville

Buta


Lettre par avion vers la Grande Bretagne expédiée de Buta le 23 avril 1942 où
est apposée la griffe de censure du bureau.
Elle est censurée à nouveau et
ouverte à Stanleyville le 1er mai. En haut à gauche la langue dans laquelle la
lettre est écrite pour qu'elle soit dirigée vers le censeur compétent.
Elisabethville


Irumu


Sigle C. R.
Une marque « C. R. » de dimensions approximatives 39 x 18 mm a été appliquée en bleu ou noir au verso de plis partant, arrivant ou transitant par Élisabethville de mars à août 1941. « C. R. » serait l’abréviation de Censure Released ou exonéré de censure. Un postier de la Rhodésie du Nord, toute proche d’Élisabethville, avait sans doute prêté un cachet anglo-saxon à son collègue belge y tenant un bureau spécialement destiné aux envois à destination ou en provenance de l’étranger. Il est certain que les lettres portant ce sigle n’ont pas été ouvertes par les censeurs belges.

Censure étrangère
Indépendamment de la censure belge, le courrier destiné à l'étranger ou transitant par des pays étrangers y subissait la censure.
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Censure anglaise |
Censure française |
Censure allemande |
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Censure soudanaise |
Censure sud africaine |
Censure égyptienne |
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Censure de la Côte d'Or |
Censure américaine de New York |
Le courrier entrant était également censuré à l'étranger et au Congo

Carte postale en provenance du Grand Duché de Luxembourg pour le Ruanda-Urundi.
Postée à Luxembourg le 25 août 1940, elle est censurée par les Allemands à
Cologne, prend le chemin de l'Angola, passe par Dilolo le 25 octobre et par
Kindu le 5 novembre.

Lettre en provenance des Etats-Unis censurée à Léopoldville le 1er octobre 1940